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Les carences nutritionnelles : un moteur silencieux des maladies chroniques et de la douleur persistante

La médecine moderne excelle dans la gestion des urgences. Elle sauve des vies, stabilise les traumatismes, contrôle les infections et intervient avec précision lorsque la situation l’exige. En revanche, lorsqu’il s’agit de maladies chroniques et de douleur persistante, le système peine à identifier les causes profondes. Fatigue inexpliquée, maladies auto-immunes, migraines, troubles de l’humeur, douleurs musculosquelettiques, dérèglements métaboliques et inflammations chroniques sont souvent traités comme des entités distinctes, alors qu’ils partagent fréquemment une origine commune largement sous-estimée : les carences nutritionnelles.


Cette réalité n’est ni marginale ni idéologique. Elle repose sur des bases biochimiques solides, abondamment documentées dans la littérature scientifique, mais rarement intégrées à la pratique clinique courante. Les nutriments sont essentiels au fonctionnement cellulaire, à la transmission nerveuse, à la régulation hormonale et à l’expression génétique. Lorsqu’ils sont insuffisants, l’organisme compense jusqu’à l'épuisement, laissant place à la dysfonction, à l’inflammation, à la douleur et à la maladie.


Le paradoxe est frappant. Dans un pays comme le Canada, où l’abondance alimentaire et l’accès aux soins sont la norme, les carences nutritionnelles sont présumées rares. Elles sont pourtant fréquentes, simplement plus lentes, plus diffuses et plus faciles à ignorer.


Le système de santé conventionnel n’est pas conçu pour les détecter.


La formation médicale accorde peu de place à la nutrition. Les médecins reçoivent un enseignement limité sur l’impact des nutriments sur les systèmes du corps humain, souvent restreint aux carences sévères. Les déficits subcliniques, capables d’altérer la fonction nerveuse, musculaire et immunitaire bien avant l’apparition d’une pathologie formelle, passent largement inaperçus.


Au Canada, les carences en magnésium, en vitamines B, en vitamine D, en zinc, en iode et en acides gras oméga-3 sont répandues. Pourtant, elles sont rarement évaluées de manière adéquate. Les analyses sanguines standards détectent surtout les déficits avancés et donnent une fausse impression de normalité.


Le magnésium, par exemple, joue un rôle clé dans la relaxation musculaire, la régulation nerveuse et le contrôle de l’inflammation. Une carence peut se manifester par des douleurs chroniques, des migraines, des troubles du sommeil et de l’anxiété, même lorsque les tests sanguins semblent normaux.


Les vitamines B, essentielles au système nerveux et à la production d’énergie, sont souvent déficientes chez les personnes âgées, celles prenant certains médicaments ou vivant un stress chronique. Les symptômes neurologiques et la douleur neuropathique qui en découlent sont fréquemment mal interprétés.


La vitamine D, malgré sa reconnaissance croissante, demeure insuffisante chez une grande partie de la population canadienne. Son rôle immunomodulateur et anti-inflammatoire est pourtant central dans la gestion de la douleur chronique et des maladies auto-immunes.


Les acides gras oméga-3, indispensables à l’équilibre inflammatoire, sont également sous-consommés. L’alimentation moderne, riche en produits ultra-transformés, favorise un terrain inflammatoire propice à la douleur chronique.


Ces carences sont rarement identifiées, non par négligence individuelle, mais en raison d’un système orienté vers les soins aigus, les interventions pharmacologiques et la gestion des symptômes. Les consultations sont courtes, la rémunération basée sur le volume, les incitatifs structurels favorisent la prescription, et l’évaluation nutritionnelle approfondie n’y trouve pas sa place.


Les médicaments eux-mêmes contribuent souvent à l’épuisement nutritionnel. Les inhibiteurs de la pompe à protons, les statines, la metformine et les antidépresseurs affectent l’absorption ou le métabolisme de plusieurs nutriments essentiels, sans que des stratégies compensatoires soient systématiquement proposées.


À cela s’ajoute l’inflammation chronique, qui augmente les besoins nutritionnels tout en réduisant l’absorption, notamment au niveau intestinal. Un microbiote altéré et une perméabilité intestinale accrue compromettent l’utilisation des nutriments, même lorsque l’apport alimentaire semble adéquat.

Le résultat est un grand nombre de personnes vivant avec des symptômes persistants, à qui l’on répète que tout est normal, que la douleur est idiopathique ou qu’elle fait partie du vieillissement. La souffrance est gérée, mais rarement comprise.


Il est tout aussi essentiel de reconnaître que la correction des carences nutritionnelles ne passe pas par une supplémentation prise au hasard. Les vitamines et les minéraux n’agissent pas isolément, et des apports excessifs peuvent perturber des équilibres biochimiques subtils, interagir avec des médicaments ou masquer des déséquilibres sous-jacents. Prendre des suppléments sans connaître ses besoins réels, sa capacité d’absorption et son contexte physiologique peut s’avérer inefficace, voire nuisible. Une évaluation appropriée, qu’elle repose sur des analyses ciblées, l’histoire clinique, l’alimentation ou des marqueurs fonctionnels, est indispensable pour répondre aux besoins réels du corps.


Toutefois, de nombreuses personnes se heurtent à une certaine résistance lorsqu’elles posent des questions approfondies sur la nutrition ou demandent des analyses plus spécifiques. Cette réticence découle davantage des contraintes du système que d’un manque de fondement scientifique. Or, des soins de santé pertinents reposent sur un dialogue éclairé. L’autonomie en santé, lorsqu’elle s’exerce avec rigueur et respect, ne remet pas en cause l’expertise médicale, mais la complète. Lorsque les individus participent activement à la compréhension de leur propre biologie, les soins passent d’une gestion passive des symptômes à une collaboration visant des solutions plus précises et durables.


Chez TRIVENA, la santé n’est pas envisagée comme une somme de symptômes isolés à contrôler, mais comme une relation dynamique entre la biologie, l’environnement et l’expérience vécue. Les maladies chroniques et la douleur persistante sont perçues comme des signaux porteurs de sens, révélant souvent des carences nutritionnelles durables, une surcharge du système nerveux et les effets cumulatifs du mode de vie moderne. La philosophie de Trivena repose sur l’idée que le corps n’est pas défaillant, mais adaptatif, et que la restauration de la suffisance nutritionnelle, des rythmes biologiques et de la résilience physiologique peut rouvrir des voies de guérison que l’approche strictement symptomatique ne permet pas d’atteindre. L’autonomie en santé commence par la compréhension du rôle fondamental de la nutrition dans tous les systèmes du corps et par la reprise du pouvoir sur son bien-être à long terme.


Une approche nutritionnelle et fonctionnelle transforme cette réalité. Elle replace la biologie au centre de l’analyse, reconnaît l’interconnexion des systèmes et valorise la restauration des fonctions cellulaires. Lorsque les carences sont identifiées et corrigées, souvent de manière progressive et individualisée, la douleur s’atténue, l’énergie revient et l’inflammation se calme.


Il ne s’agit pas de rejeter la médecine, mais de la compléter. La santé durable ne repose pas uniquement sur l’intervention, mais sur la disponibilité des ressources biologiques nécessaires au corps pour se réparer.


Références

Vogel, L. (2018). Most doctors lack adequate training to give informed diet advice. Canadian Medical Association Journal. https://doi.org/10.1503/cmaj.109-5639 (non disponible en français).

Les diététistes du Canada (2017). Les diététistes et la gestion des maladies chroniques. https://www.dietitians.ca/DietitiansOfCanada/media/Documents/Resources/Dietitians-in-Chronic-Disease-Management-Bilingual.pdf

DiNicolantonio, J. J., & O’Keefe, J. H. (2020). The Salt Fix. Random House Canada. 272 p. (non disponible en français).

Gibson, R. S. (2005). Principles of nutritional assessment (2nd ed.). Oxford University Press. 928 p. (non disponible en français).

Statistique Canada. (2025). Bien se nourrir pour s’épanouir : un regard sur l’alimentation et ses coûts, et sur les tendances en matière de santé des Canadiens et Canadiennes. Government of Canada. https://www.statcan.gc.ca/o1/fr/plus/7934-bien-se-nourrir-pour-sepanouir-un-regard-sur-lalimentation-et-ses-couts-et-sur-les

Tarasuk, V., Mitchell, A., & Dachner, N. (2020). Household food insecurity in Canada 2017–2018. University of Toronto.https://proof.utoronto.ca/wp-content/uploads/2020/03/Household-Food-Insecurity-in-Canada-2017-2018-Exec-Summary.pdf (non disponible en français).


 
 
 

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