Et si la réponse n’était pas d’en ajouter davantage ?
- Dominique Paquet

- 4 juin
- 12 min de lecture
Ce que la philosophie du yoga et la physiologie moderne peuvent nous apprendre sur l’art d’éliminer les obstacles
Nous vivons à une époque où l’accès à l’information en matière de santé est sans précédent. Jamais auparavant autant de livres, de balados, d’articles scientifiques, de documentaires, de formations, de professionnels de la santé, d’appareils connectés, d’infolettres, de communautés en ligne et de comptes sur les réseaux sociaux n’avaient été accessibles au grand public. On peut désormais obtenir des réponses à des questions qui, autrefois, demandaient des heures de recherche dans une bibliothèque, en seulement quelques secondes. Les recommandations affluent constamment à travers les fils d’actualité, les publicités, les vidéos, les balados et les algorithmes qui semblent parfois connaître nos préoccupations avant même que nous ayons pris le temps de les formuler nous-mêmes. À l’échelle de l’histoire humaine, nous disposons d’un accès extraordinaire aux connaissances portant sur la santé, la nutrition, la forme physique, la longévité, la prévention des maladies et la performance humaine.
Pourtant, malgré cette abondance d’information, plusieurs personnes semblent plus confuses que jamais.
Un expert affirme qu’un verre de vin quotidien fait partie d’un mode de vie sain tandis qu’un autre recommande de limiter ou d’éviter complètement l’alcool. Une approche nutritionnelle présente les grains entiers comme l’un des piliers d’une alimentation favorable à la santé à long terme, alors qu’une autre les considère comme problématiques. Selon les sources consultées, les glucides sont soit essentiels, soit nuisibles ; le jeûne est soit transformateur, soit inutile ; le café est soit bénéfique, soit préoccupant ; les suppléments sont soit indispensables, soit largement superflus. En quelques minutes seulement, il est souvent possible de trouver des arguments convaincants et des études soigneusement sélectionnées pour soutenir presque n’importe quelle position que l’on souhaite défendre.
Il ne s’agit pas nécessairement d’un échec de la science. La démarche scientifique progresse justement en remettant en question ses propres conclusions, en raffinant les connaissances existantes et en intégrant continuellement de nouvelles données. La difficulté apparaît lorsque l’information est consommée sans contexte, lorsque des résultats préliminaires sont présentés comme des vérités absolues ou lorsque des sujets complexes sont réduits à des manchettes, à des extraits de quelques secondes ou à des publications sur les réseaux sociaux. Les êtres humains possèdent également une remarquable capacité à rechercher l’information qui confirme leurs croyances, leurs habitudes et leurs préférences. Les psychologues désignent ce phénomène sous le nom de biais de confirmation. Nous y sommes tous sensibles, à divers degrés. Confrontés à un volume impressionnant d’opinions contradictoires, nous pouvons facilement trouver des justifications à ce que nous souhaitons déjà continuer à faire tout en écartant les informations qui remettent nos choix en question. Il en résulte un paradoxe bien particulier : nous avons accès à davantage d’information que toutes les générations qui nous ont précédés, mais plusieurs d’entre nous se sentent moins certains que jamais de ce qui constitue réellement un mode de vie favorable à la santé.
Au fil de mes réflexions au cours des dernières années, j’en suis venue à croire que l’un des plus grands défis de la santé moderne n’est pas simplement le manque d’information. Le problème est parfois exactement l’inverse. Nous sommes submergés d’informations. Nous sommes exposés à tellement d’opinions, de recommandations, de théories et de stratégies qu’il devient difficile de distinguer l’essentiel de l’accessoire. Plus profondément encore, cette recherche constante de réponses extérieures risque de nous détourner de quelque chose de fondamental : l’extraordinaire sagesse physiologique du corps humain.
Entourés d’experts, d’applications, de produits, de protocoles, de gadgets et de conseils de toutes sortes, nous pouvons graduellement en venir à percevoir la santé comme quelque chose qui doit être fabriqué, optimisé, contrôlé ou acheté. Pourtant, il existe une autre possibilité. La santé pourrait être moins le résultat d’une accumulation d’interventions que le fruit de conditions permettant à notre physiologie de fonctionner aussi efficacement que possible.
Comme plusieurs personnes qui s’intéressent à la santé et au bien-être, j’ai passé des années à chercher des réponses. Les livres se sont accumulés sur les étagères. Les articles scientifiques ont rempli des dossiers entiers sur mon ordinateur. Les formations, les conférences, les certifications et les expériences professionnelles ont enrichi ma compréhension du corps humain de façon considérable. Je demeure profondément reconnaissante envers la science et l’éducation. Elles ont transformé ma vie et continuent d’orienter mon travail. Pourtant, lorsque je regarde honnêtement les changements qui semblent avoir eu le plus grand impact sur ma propre santé, ils ne correspondent pas nécessairement aux découvertes les plus spectaculaires.
Dans la plupart des cas, ils ont plutôt consisté à retirer quelque chose qui faisait obstacle.
La cigarette a disparu. L’alcool est devenu un choix occasionnel plutôt qu’une habitude. Certains aliments qui semblaient systématiquement me laisser moins énergique ou moins à l’aise dans mon propre corps ont progressivement occupé moins de place dans mon alimentation ou ont été éliminés. Des sources de stress chronique ont été examinées avec davantage d’honnêteté. Du temps a été volontairement réservé au mouvement, au sommeil, à la récupération et à la réflexion. Aucun de ces changements n’avait quoi que ce soit de révolutionnaire. Aucun n’aurait pu être présenté comme la prochaine percée dans le domaine de la santé. Pourtant, ensemble, ils ont créé des conditions qui ont permis à mon corps de mieux faire ce qu’il tentait déjà de faire depuis le début.
Cette observation a donné naissance à une question qui continue d’influencer ma façon de concevoir la santé aujourd’hui. Et si certaines de nos plus grandes possibilités d’améliorer notre bien-être ne provenaient pas de l’ajout constant de nouvelles interventions, mais plutôt de l’identification et de l’élimination des obstacles qui nuisent à la capacité naturelle du corps à s’autoréguler, à s’adapter, à récupérer et à s’épanouir ?
L’idée peut sembler contre-courant dans une culture fondée sur l’accumulation, mais elle est loin d’être nouvelle. Bien avant l’apparition de l’industrie moderne du mieux-être, diverses traditions philosophiques à travers le monde exploraient déjà des concepts similaires. La philosophie classique du yoga, en particulier, propose une perspective étonnamment pertinente à l’ère de la surcharge informationnelle et de l’optimisation permanente. Contrairement à plusieurs interprétations contemporaines, le yoga n’avait jamais pour objectif principal d’acquérir davantage de souplesse, d’atteindre une perfection physique ou d’accomplir des prouesses. À sa base, il s’agissait plutôt d’éliminer les obstacles.
Les Yoga Sutras décrivent la souffrance comme le résultat d’attachements, de distractions, de perceptions erronées et d’habitudes qui obscurcissent notre compréhension de nous-mêmes et du monde qui nous entoure. Le développement personnel n’était pas considéré comme un processus consistant à devenir quelqu’un d’autre. Il s’agissait plutôt de dévoiler ce qui était déjà présent.
C’est peut-être ce qui explique pourquoi ces enseignements continuent de résonner des milliers d’années plus tard. Les circonstances ont changé, mais certaines tendances humaines demeurent étonnamment semblables. Nous continuons de chercher l’épanouissement dans l’acquisition de biens matériels. Nous continuons de croire que la satisfaction se trouve quelque part au-delà de notre situation actuelle. Nous continuons d’espérer que le prochain achat, la prochaine promotion, le prochain diplôme, la prochaine relation, le prochain voyage ou la prochaine stratégie de santé nous apportera enfin ce sentiment durable de bien-être que nous recherchons.
La culture moderne renforce ce message presque constamment. Le succès est souvent mesuré par l’accumulation. Plus de productivité. Plus de possessions. Plus d’expériences. Plus d’abonnés. Plus de mentions « J’aime ». Plus de reconnaissance. Plus de diplômes. Plus d’influence. Plus de performance. Plus d’optimisation. Même la santé est désormais évaluée à travers une multitude d’indicateurs, de mesures, de tableaux de bord et de scores. Bien que plusieurs de ces outils puissent fournir des informations utiles, ils contribuent parfois à renforcer l’idée que l’épanouissement humain repose principalement sur l’ajout constant de quelque chose de nouveau.
L’industrie du mieux-être a largement adopté le même langage. Face à la fatigue, aux inconforts digestifs, aux troubles du sommeil, au stress ou à la baisse d’énergie, notre premier réflexe consiste souvent à rechercher quelque chose à ajouter. Un nouveau supplément. Un nouveau protocole. Une nouvelle stratégie. Un nouvel expert. Un nouveau test. Un nouvel outil technologique. Un nouveau produit promettant d’optimiser la physiologie ou de révéler un potentiel caché. Pourtant, les systèmes vivants ne prospèrent pas nécessairement grâce à l’accumulation. Une forêt ne s’épanouit pas parce qu’on lui ajoute constamment quelque chose. Elle prospère lorsque les conditions favorisent sa croissance. La physiologie humaine fonctionne selon un principe remarquablement similaire.
Ce qui est particulièrement fascinant, c’est à quel point cette perspective ancienne rejoint les observations de la physiologie moderne. Bien que le vocabulaire soit très différent, les deux arrivent à une conclusion étonnamment semblable : l’être humain possède une remarquable capacité d’adaptation lorsque les conditions lui permettent de l’exprimer. Le corps n’est pas passif. Il n’attend pas qu’une intervention extérieure vienne le sauver à chaque difficulté. À chaque instant de la journée, des milliards de réactions biochimiques se déroulent sans que nous ayons à y penser. Les hormones sont produites et régulées. Les tissus sont réparés. Les cellules immunitaires surveillent leur environnement. Les nutriments sont absorbés, transportés, stockés et utilisés. Les réseaux neuronaux s’adaptent aux expériences vécues. Le système cardiovasculaire répond aux exigences du mouvement. Même pendant le sommeil, le corps demeure extraordinairement actif, coordonnant une multitude de processus essentiels à la récupération, à l’apprentissage, à la réparation et à la résilience à long terme.
La littérature scientifique décrit souvent cette capacité d’adaptation à travers des concepts tels que l’homéostasie et l’allostasie. L’homéostasie représente la capacité de l’organisme à maintenir un certain équilibre interne malgré les fluctuations de l’environnement. L’allostasie décrit quant à elle les ajustements dynamiques qui permettent au corps de répondre aux exigences changeantes de la vie quotidienne (McEwen et Akil, 2020). Ces mécanismes fonctionnent continuellement tout au long de notre existence. Le corps ne cherche pas la perfection. Il cherche l’adaptation. Il répond constamment aux signaux provenant de notre environnement, de nos comportements, de nos relations, de nos habitudes de mouvement, de notre sommeil et de notre alimentation.
Cette réalité ne signifie pas que le corps est invulnérable ni que toutes les maladies peuvent être évitées. La biologie humaine demeure complexe et plusieurs facteurs influençant la santé échappent à notre contrôle. Toutefois, il est difficile d’étudier la physiologie sans développer un profond respect pour l’intelligence inhérente des systèmes vivants. Le corps tente continuellement de s’adapter aux conditions qu’il rencontre. Il réagit, compense, ajuste, répare et se réorganise sans relâche. La véritable question devient alors la suivante : les conditions que nous créons soutiennent-elles ces efforts ou entrent-elles constamment en compétition avec eux ?
L’une des conséquences les plus discrètes de la culture moderne de la santé est qu’elle peut nous amener à percevoir notre corps comme une machine défectueuse nécessitant une gestion permanente. Chaque symptôme devient un problème à résoudre. Chaque inconfort devient un signal indiquant qu’il faut ajouter quelque chose. Une digestion difficile appelle un supplément digestif. Une baisse d’énergie appelle un produit stimulant. Un sommeil perturbé appelle un nouveau protocole. Bien que ces interventions puissent parfois être utiles et appropriées, l’habitude de chercher immédiatement une solution extérieure risque de nous empêcher de poser une autre question, souvent plus révélatrice. Au lieu de demander uniquement comment soulager un symptôme, nous pouvons aussi nous demander si certaines conditions nuisent déjà au fonctionnement normal de notre physiologie.
La distinction entre le soulagement et la compréhension des conditions est subtile, mais essentielle. Le soulagement cherche à réduire l’inconfort. La compréhension des conditions cherche à mieux saisir ce qui influence cet inconfort. Une personne qui éprouve des ballonnements digestifs peut bénéficier d’un supplément conçu pour améliorer son confort. Toutefois, il demeure pertinent d’examiner ses habitudes alimentaires, son niveau de stress, son sommeil, son rythme de vie ou certaines caractéristiques de son alimentation. De la même façon, une personne qui manque d’énergie peut trouver un soutien utile dans certains nutriments ou certaines interventions ciblées, mais il peut également être pertinent d’explorer la qualité de son sommeil, ses périodes de récupération, son niveau de stress chronique ou la surcharge de ses engagements quotidiens. L’objectif n’est pas de rejeter les interventions de soutien, mais d’éviter qu’elles nous détournent d’observations plus fondamentales.
L’alcool constitue un exemple intéressant de la manière dont des questions complexes peuvent être simplifiées à l’extrême. Pendant de nombreuses années, la consommation modérée de vin a souvent été présentée comme un facteur favorable à la santé cardiovasculaire. Des recherches plus récentes ont toutefois remis en question plusieurs de ces hypothèses, suggérant que les bénéfices observés étaient possiblement davantage liés à l’ensemble des habitudes de vie qu’à l’alcool lui-même (Organisation mondiale de la Santé, 2023). Parallèlement, une consommation excessive d’alcool est reconnue pour affecter l’absorption et le métabolisme de plusieurs nutriments, notamment la thiamine, le folate, la vitamine B6, le magnésium et le zinc, tout en influençant le sommeil, les processus de récupération et la fonction hépatique (Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, 2026). L’enseignement à retenir n’est pas qu’un verre de vin occasionnel détermine à lui seul l’état de santé d’une personne. Il illustre plutôt à quel point il est facile de transformer des réalités complexes en messages simples qui confirment ce que nous souhaitons déjà croire.
Cette dynamique se retrouve dans presque tous les domaines liés à la santé. Il est possible de trouver des arguments appuyant pratiquement n’importe quelle approche alimentaire, stratégie d’entraînement, protocole de supplémentation ou philosophie de vie. Cette abondance d’information peut créer l’illusion que la santé dépend principalement du choix du bon camp. Pourtant, la physiologie humaine est rarement aussi simple. Le contexte importe. Les circonstances individuelles importent. Et surtout, l’observation importe. La faim, la satiété, le niveau d’énergie, la digestion, la qualité du sommeil, l’humeur, la récupération, la capacité de concentration et le sentiment général de vitalité constituent autant de formes de rétroaction que notre organisme nous transmet continuellement. Ces signaux, souvent subtils lorsqu’ils apparaissent, nous renseignent sur la manière dont notre physiologie réagit aux conditions que nous créons jour après jour. En ce sens, le corps communique constamment avec nous ; encore faut-il prendre le temps de l’écouter.
Le défi est que le monde moderne est rarement propice à cette écoute. Les notifications se multiplient. Les responsabilités s’accumulent. Le travail déborde sur les périodes de repos. Les réseaux sociaux encouragent la comparaison et la distraction. La culture de consommation valorise l’acquisition permanente. Même dans l’univers du mieux-être, le message implicite demeure souvent le même : la prochaine solution, le prochain programme, le prochain supplément ou le prochain expert détient peut-être enfin la réponse que nous recherchons. L’idée selon laquelle moins d’interventions pourrait parfois produire de meilleurs résultats reçoit beaucoup moins d’attention.
Cela ne signifie pas que moins est toujours mieux. Les carences nutritionnelles existent. Les interventions thérapeutiques sauvent des vies. Les médicaments occupent une place importante dans de nombreuses situations. Les professionnels de la santé peuvent offrir des conseils précieux et un accompagnement essentiel. Le but de cette réflexion n’est pas de glorifier la simplicité ni de rejeter les avancées scientifiques. Il s’agit plutôt de reconnaître que l’ajout de nouvelles stratégies ou interventions ne devrait pas nous empêcher d’examiner les éléments qui mériteraient peut-être d’être allégés, modifiés ou retirés. Avant de chercher ce qu’il conviendrait d’ajouter, il peut être tout aussi pertinent de réfléchir à ce qui fait déjà obstacle.
Chez TRIVENA, la santé n’est pas perçue comme une quête de perfection ni comme une recherche incessante de la prochaine intervention. Elle est envisagée comme la relation dynamique entre la physiologie, l’environnement, les comportements, le mouvement, l’alimentation, la récupération et le sens que nous donnons à notre existence. Le corps réagit continuellement aux conditions dans lesquelles il évolue. Le mental réagit aux histoires que nous nous racontons, aux attentes que nous entretenons et aux pressions que nous acceptons comme normales. Tous deux sont influencés par l’environnement que nous créons et par les valeurs que nous choisissons de privilégier. La santé n’émerge donc pas d’une seule décision, mais d’innombrables interactions qui se produisent chaque jour, souvent à notre insu.
Le nom TRIVENA évoque la rencontre de trois courants : le corps, le mental et l’esprit. Bien que ces dimensions soient souvent abordées séparément, l’expérience humaine nous rappelle qu’elles sont profondément interreliées. Le corps réagit au stress émotionnel. Le mental réagit à l’inconfort physique. Tous deux sont influencés par nos valeurs, notre sentiment d’appartenance, nos relations, notre environnement et le sens que nous donnons à notre existence. Un bien-être durable émerge lorsque ces trois courants commencent à circuler dans la même direction.
L’une des formes de soins personnels les plus négligées consiste peut-être non pas à se demander ce qu’il faudrait ajouter, mais plutôt ce qu’il serait possible de relâcher. Quelles habitudes ne correspondent plus à la vie que nous souhaitons construire ? Quelles routines nous laissent systématiquement épuisés ? Quelles attentes créent une pression inutile ? Quelles sources de stress sont devenues si familières qu’elles ne sont plus remises en question ? Quels comportements, environnements, relations ou schémas récurrents continuent de consommer une énergie qui pourrait autrement être consacrée à la guérison, à la croissance, à des liens significatifs, à un sentiment de raison d’être et à la vitalité ?
Ces questions ne garantissent pas une santé parfaite. Elles n’éliminent pas non plus la complexité et l’incertitude qui font partie de toute existence humaine. Elles invitent toutefois à un changement de perspective. Au lieu de considérer le corps comme un problème à résoudre, nous pouvons commencer à le considérer comme un partenaire intelligent dans le processus. Au lieu de supposer que chaque difficulté exige une nouvelle intervention, nous pouvons cultiver une curiosité sincère à l’égard des conditions qui influencent notre physiologie. Au lieu d’accumuler continuellement des solutions, nous pouvons parfois prendre du recul et nous demander ce qui se produirait si nous créions simplement davantage d’espace.
Les traditions de sagesse du passé et les découvertes scientifiques du présent utilisent des langages différents, mais elles convergent souvent vers une observation semblable. Les êtres humains s’épanouissent lorsque les obstacles diminuent, lorsque les ressources sont disponibles et lorsque les conditions favorisent l’adaptation. Le corps n’a pas besoin de perfection. Il n’a pas besoin d’optimisation ou de contrôle constants. Il a besoin de nourriture, de mouvement, de récupération, de liens significatifs, d’un sentiment de raison d’être et d’un environnement qui lui permet d’exprimer pleinement ses remarquables capacités d’adaptation.
Dans une culture qui nous encourage constamment à consommer davantage, à produire davantage, à posséder davantage, à accomplir davantage et même à optimiser davantage notre santé, il peut être utile d’explorer une possibilité plus discrète. Avant de chercher la prochaine solution, peut-être devrions-nous nous demander si quelque chose ne fait pas déjà obstacle à la sagesse qui existe en nous. La réponse ne se trouve pas toujours dans ce que l’on ajoute. Parfois, elle se révèle dans ce que l’on choisit d’enlever.
Références
McEwen, B. S., & Akil, H. (2020). Revisiting the stress concept: Implications for affective disorders. The Journal of Neuroscience, 40(1), 12—21. https://www.jneurosci.org/content/40/1/12
Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances. (2026). Effets de l’alcool sur la santé. https://www.ccsa.ca/fr/conseils-outils-et-ressources/consommation-de-substances-et-dependance/alcool/recherche
Satchidananda, S. (2012). The Yoga Sutras of Patanjali. Integral Yoga Publications.
Organisation mondiale de la santé. (2023). Aucun niveau de consommation d’alcool n’est sans danger pour notre santé. https://www.who.int/europe/fr/news/item/04-01-2023-no-level-of-alcohol-consumption-is-safe-for-our-health




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